Je m’imagine sur une plage à Cuba, avec ma conjointe qui observe les oiseaux au loin sur la mer. Après ce magnifique voyage, j’invite un couple d’amis à venir passer quelque temps chez moi, une petite maison réservée pour cette occasion. Ensuite je repars dans le but de visiter les somptueuses pyramides d’Égypte.

À mon retour, chez nous, dans un centre d’hébergement pour retraité autonome, un bâtiment de style rustique pas besoin d’être très luxueux, qui m’offre tous les services nécessaires à mon bien-être et celle de ma douce moitié. Construit sur le bord d’un lac, ou m’attende des canots, kayaks, pontons avec moteur électrique, qui ne demande qu’à être utilisé. Par la suite, j’explore à vélo les différents sentiers aménagés, afin d’observer cette magnifique flore entourant le lac. L’heure du souper arrivé, je me rends à la cafétéria rejoindre ma conjointe qui avait d’autres projets pour l’après-midi. Ou l’on me sert un somptueux repas, constitué en partie de fruits et légumes frais cueillis dans les champs entourant le centre.

Après le repas nous nous retirons dans notre appartement, consulter les différents sites internet, jouer à notre jeu favoris du moment, emprunter dans la réserve du centre. Attendant anxieusement, l’arrivée de nos petits-enfants qui viendront nous rendre visite, cette fin de semaine. Nous avons réservé une petite maison voisine du centre (la même que pour nos amis). Nous imaginant les voir gambader dans le parc, les accompagnants sur le lac ou dans les sentiers. Passant à une boutique du centre, afin de leur offrir quelques présents, que nous devrons rembourser en participant à l’entretien du centre, ou dans la cuisine, etc.… Et voilà, l’heure de dire au revoir.

Lorsque mon corps ne pourra plus me donner cette autonomie, je veux déménager de l’autre côté du lac. Ou les soins sont bien adaptés à mes besoins. D’où je pourrai observer le grand centre en face, me remémorant tous ces bons moments en ces lieux. Ainsi lorsque la vie quittera mon corps, j’aurai l’esprit serein, le cœur rempli du bonheur, d’une vie bien remplie.

C’est un peu ce que je désire, lorsque je serai prêt à prendre ma retraite. Conscient que le type de travail que j’effectuerai, auras des répercussions sur mon corps et que la consistance même de celui-ci est unique. Ce qui implique une différence fondamentale sur l’âge de la retraite. Et lorsque mon corps et ma tête me diront cela suffit, je devrai me retirer progressivement. Lorsque toutes mes affaires seront en ordre et que nous serons prêts, nous irons dans le grand centre, afin de profiter d’une retraite bien mérité.

Les avions que j’utiliserai pour mes voyages, brûlent une quantité phénoménale d’essence et émettant une certaine quantité de polluant dans l’atmosphère, alors donc je me dois de limiter mes voyages afin de préserver ma belle planète. Jusqu’à ce que la science m’offre un autre moyen de déplacement. Conscient je suis, que les vêtements où je porte utilisent certaines ressources, et le fait de laisser un habit pourrir dans le placard simplement parce qu’il n’est plus à la mode, provoque un gaspillage systématique des ressources, dont certaines ne sont pas renouvelables! Alors l’idée d’avoir au centre une boutique, qui m’offre des vêtements recyclés ou pas à la mode me conviendrait parfaitement, dans le but de protéger nos ressources. Je sais pertinemment que l’entretien, la bouffe, l’aménagement des sentiers, etc.… Ne se feront pas tout seul et engendrent des coûts, je devrai collaborer à la hauteur de mes moyens, au bon fonctionnement du centre et par le fait même, je me sentirai moins inutile.

Voici maintenant les moyens proposés par les anarchistes idéologiques athéistes pour la retraite. Les rentes gouvernementales, pour maintenir en survie des milliers de personnes. Ceux qui ont vécu dans la pauvreté toute leur vie active, mais n’ont pas eu la chance d’avoir un emploi offrant de meilleurs avantages sociaux et en dépit du courage prouvé, de se lever à tous les matins pour aller travailler. Vous êtes accusé de ne pas avoir contribué à l’essor de l’économie fictive et vous condamnez à vivre dans la misère pour le restant de votre vie. Et ce jugement se base sur le fondement d’un système inégalitaire pour qui il est impossible d’offrir des conditions d’emplois similaires à tous les travailleurs.

À ceux qui ont participé un peu à l’économie fictive, à qui l’ont à autoriser une vie moins pauvre par le biais d’emplois offrant un peu plus d’avantage sociaux, que vous nous avez forcés, par les luttes syndicales à vous consentir. Pour qui nous avons créé spécialement les outils illusoires tels que ; caisse de retraite, réer, regroupement de petit épargnant désirant jouer le jeu de l’investissement, etc. Nous vous les avons consentis, mais en gardons le plein contrôle par le simple fait qu’ils représentent une partie insignifiante de l’économie fictive. Déterminant ainsi la valeur réelle de l’illusion engendrée dans l’imaginaire collectif. Mais nous récupèrerons tout ce que nous vous avons consenti, et lorsque vos économies seront épuisées vous devrez emménager dans les mêmes édifices que les plus démunis en signe de reconnaissance.

Pour les plus aptes d’entrevous, nous vous autorisons à vivres votre vie active au-dessus de la moyenne et si vous êtes très sage, vous pourrez vous payer une retraite dorée. Avec tous les services et accessoires qui vous désirez. Par le fait même, nous vous enlevons l’envie de contester cette nouvelle doctrine. Car vous aurez trop à perdre. Et pour le peu d’entrevous qui oseront dénoncer cette situation, nous vous marginaliserons tout comme lorsque vous étiez actif.

Et les sans cœurs, qui commettront l’affront de vouloir prendre soin de leur proche, en quittant leur emploi ou prenant congé régulièrement pour les soins requis de vos êtres chers. Rétrogradant ainsi la société moderne vers une doctrine qui date du début de la civilisation. Nous vous amputerons de votre pitance de façon partielle ou totale comme châtiment. Si jamais nous décidons de vous accorder quelques miettes, soyez assuré qu’elles seront prises à même celles des plus démunis.

Voici pour les baby-boomers, maintenant je vire ma casquette à l’envers. Histoire de mettre un peu d’anarchie genre carrée rouge dans mon texte. Une brève description de ce que nous présentons comme retraite, à ceux et celles qui n’ont même pas encore débuté leur carrière. Tout d’abord, un gouvernement qui croule sous les dettes. Laissant planer le doute de la disponibilité des rentes dans quarante ans. Pour ma part je suis à mi-chemin de la retraite, déjà je me questionne sérieusement à savoir si j’aurai droit à cette rente. Mais le gouvernement fédéral se fait rassurant, pas de problème à l’horizon avant 2034 à condition de retarder l’âge d’admissibilité à 67 ans, pour le moment. Et cela dans un monde économiquement idéal !

Des régimes de retraite qui actuellement sont torpillés par certaines compagnies et s’ils les coulent, ne soyez pas inquiet l’effet d’entrainement sera sans pitié. La grande fragilité instaurée par le libre marché possède des effets pervers sur les entreprises, combinées avec la magouille constante des hauts financiers spéculatifs ajoutés à cela une soif insatiable des actionnaires et vous obtenez tout ce qu’il faut pour les anéantir dans un avenir rapproché. Inquiétant pour moi, imaginé maintenant pour eux !

Des véhicules de placement stylent réer, réer collectif, qui offre des taux de rendement si insignifiants. Qu’il serait plus rentable pour eux de mettre cet argent dans les paradis fiscaux, un peu plus à l’abri de toutes ces magouilles financières. Sans parler des outils mis à la disposition des plus orgueilleux d’entre nous, tel qu’obligation d’épargne, placement garanti, fonds mutuels, etc.… Qui n’a comme but réel que de flatter notre ego, se pensant ainsi plus futé que la moyenne. La preuve était faite, que vous n’avez strictement aucun contrôle sur votre investissement et que seule une poignée de magouilleur professionnel domine le tout. Rassurant pour moi et pour eux n’est-ce pas.

Vous croyez que j’ai tort, que les jeunes n’ont pas se type de réflexion. Peut-être, profitez donc de cette accalmie estivale pour quitter le superficiel de votre vie quotidienne et discuter avec eux. Poser leur la question, s’il est réticent insisté un peu plus, décodé leur message. Qu’est-ce qu’ils entrevoient eux dans quarante ou cinquante ans, lorsqu’ils prendront leurs retraites ? Par le fait même, vous pourrez forger votre opinion sur ce texte. Si j’ai tort, cela vous auras permis de discuter avec eux, mais si j’ai raison. Vous comprendrez alors un peu plus le mouvement du carré rouge. Et constaterez, tout comme moi que cette arme de destruction massive qu’est la banalisation volontaire du débat, amplifié par les médias, politiciens et autres pseudos intervenants, est plus destructrice qu’une bombe nucléaire. Car après la bombe il n’y a plus rien, mais après cette banalisation le problème demeure et faut vivre avec.

Notre capacité naturelle à restreindre notre pensée, fait en sorte que nous relayions cette question à un quelconque axe gauche droit, où pire encore accorder une symbolique religieuse sous le prétexte d’un commandement des Saintes Écritures ‘tu honoreras père et mère’. Quel affront pour une civilisation laïque (athéiste) qui depuis la révolution tranquille, se fait un point d’honneur d’assurer sa suprématie sur cette futile doctrine de l’antiquité. Pourtant le bien-être de ces grands bâtisseurs de notre futur n’a rien de religieux et encore moins politique. De toute époque la plupart des grandes civilisations ont accordé un traitement particulier envers les ainés, rare était les individus qui atteignaient l’âge vénérable, la vie étant si dure. Plus récemment, un de leurs enfants les incluait dans la famille, et assurait leur survivance et leur bien-être. Mais de nos jours, depuis que l’on a remplacé la religion par l’acquisition de richesse individuelle égoïste de la doctrine athéiste. Il nous est impossible d’accorder une quelconque solidarité faute de temps, préférant les laissés croupir seul dans leur cellule. Les rendant ainsi vulnérables, à l’assaut de personne peu scrupuleux, qui leur porte un peu d’attention en échange d’un chèque.

Heureusement certains d’entre nous, ont amorcé un virage. Ils achètent une maison intergénérationnelle et le gouvernement dans un rare moment de logique, élabore un système qui pourrait être adéquat mais se heurte toujours à la structure de l’économie fictive et le bien-être de leur ami. Et ce non vouloir changer les choses se heurte non pas au 1% de ce monde, mais bel et bien à la couche dominante des 99%. Les 1% sont tellement riches qu’ils n’en ont rien à foutre de quelques changements que ce soit, mais les plus vulnérables aux changements des structures économiques sont à l’intérieur des 99%, ils ont le plus à perdre tout en n’en possédant moins. Sont tellement corrompus par leur petit confort égoïste matérialiste, qu’ils craignent comme la peste tout changement propice à leur enlever quelques miettes de pain. Vous pensez que je divague en affirmant cela, dites-moi alors pourquoi on vénère tant un système de déresponsabilisation parentale humaine que sont les garderies ? Qui nous coûte environ 3 milliards et surtout que l’on pénalise encore les parents qui eux désirent prendre leurs responsabilités humaines. Qui est le plus anarchique le carré rouge, ou notre adoration collective de l’économie fictive ?

Si un quelconque projet de société, me proposait par écrit une retraite semblable à celle que je désire. Sans me soucier du compte d’hydro ou de l’hypothèque, me mettant ainsi à l’abri des tracas quotidiens. Et surtout de la prendre lorsque mon corps et ma tête me le dictent. En échange je serais prêt à sacrifier mon réer, mon fonds de pension et mes placements sur l’autel du futur de l’humanité. Car le fait que je n’ai pas vraiment de contrôle sur ceux-ci et les conditions de retraite garantie par la société, les rendront tout à fait inutile. Et vous quelle est votre vision pour votre retraite? Et qu’est-ce que vous seriez prêt à sacrifier sur l’autel? Une personne sage écrivait dans un commentaire, « qu’il ne faut pas espérer des changements très drastiques de notre société », mais déjà en améliorant le sort de nos ainés un petit pas de plus serait franchis. Bonne journée!

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