Le problème majeur de la politique actuel, responsable de la dérive, tient selon moi du financement des partis politiques. Et les conditions d’admission pour les personnes désireuses de mettre leur talent et leurs idées, au profit de la société. Réservant l’accès à une certaine élite entrepreneuriale avec les risques que cela comporte. Depuis que ce phénomène existe, il est tout à fait normal que l’acte politique soit allé dans le sens de ce que l’on assiste aujourd’hui, instaurant une pensée affairiste homogène au sein du pouvoir. Et nous savons très bien que la plupart des entrepreneurs n’ont pas l’humanisme comme valeur nominale.

Donc il faut appliquer des réformes majeures en cette direction, certaines mesures ont été apportés, mais jamais en provenance du peuple.

Un autre facteur à l’origine du cynisme citoyen envers la politique, est la ligne de parti. Dans la plus haute instance du pouvoir il est ridicule et extrêmement dangereux, de laisser une quelconque philosophie gauche ou droite, prendre les décisions. Simple logique, les débats idéologiques en fonction de cet axe sont requis et souhaitables. Mais aucune d’entre elles ne peut prétendre posséder la meilleure solution dans n’importe quelle situation. Et Mathieu Bock Coté le démontre très bien lorsqu’il affirme que le débat souverainiste n’est pas réservé à une philosophie de gauche. Il faut remettre les pièces du casse-tête politique en place et laisser cette influence là où elle doit être, soit un rôle de lobbyiste. Ce qui implique que le Premier ministre et les ministres et les députés ne doivent avoir allégeance qu’envers le peuple seulement, élu indépendant.

Au temps jadis, l’appareil administratif étatique, devait rendre compte à la monarchie. Après la Révolution française, la bourgeoisie affairiste de l’époque, n’a fait en sorte que cette administration, ne rende compte à personne d’autre qu’eux-mêmes. Voici quelques extraits d’un texte, parut à l’époque, qui en témoigne : Cent fois cette enceinte sacrée a retenti des crimes des égoïstes et des fripons ; toujours vous nous avez promis de frapper les sangsues du peuple. L’acte constitutionnel va être présenté à la sanction du souverain ; y avez-vous proscrit l’agiotage ? Non. Avez-vous déterminé en quoi consiste la liberté du commerce ? Non. Avez-vous défendu la vente de l’argent monnayé ? Non. Eh bien ! Nous vous déclarons que vous n’avez pas tout fait pour le bonheur du peuple. L’actualité quotidienne des 300 dernières années. Et il est important de rappeler aux lecteurs qu’à ce moment de l’histoire, il n’y avait qu’environ 10% des citoyens qui savaient lire et écrire. Pas besoin de vous dire à quelle classe ils appartenaient.

Voyons un peu plus en détail, y avez-vous proscrit l’agiotage ? Non. La spéculation est toujours de mise et nous procure la jouissance de récession à répétition avec quelques petits dommages collatéraux comme La Grèce. Avez-vous prononcé la peine de mort contre les accapareurs ? Non.   J’entends ici la peine de mort financière du 1%, les paradis fiscaux entre autres, L’auteur de l’étude, James Henry, ancien économiste en chef pour le cabinet Mc Kinsey, estime lui-même que ses conclusions sont probablement sous-évaluées : la vraie somme pourrait selon lui se situer autour de 26 000 milliards d’euros, soit dix fois le PIB annuel de la France. (1) Sensiblement la même proportion au Canada. Avez-vous déterminé en quoi consiste la liberté du commerce ? Non.  Le libre marché véritablement la pierre angulaire des profits des banques. Qui n’a plus sa raison d’être surtout depuis que l’on connaît les problèmes concernant l’environnement et les ressources naturelles. Vous connaissez la suite. Avez-vous défendu la vente de l’argent monnayé ? Non. L’économie fictive en général, et les guerres incessantes des États-Unis, non seulement pour les ressources mais aussi pour protéger la valeur de leur dollar.

Toujours d’actualité, nous vous conjurons, au nom du salut de la république, de frapper d’un anathème constitutionnel l’agiotage et les accaparements, et de décréter ce principe général que le commerce ne consiste pas à ruiner, à désespérer, à affamer les citoyens.

Les riches seuls, depuis quatre ans, (plus de 300 ans maintenant) ont profité des avantages de la Révolution. L’aristocratie marchande, plus terrible que l’aristocratie nobiliaire et sacerdotale, s’est fait un jeu cruel d’envahir les fortunes individuelles et les trésors de la république ; encore ignorons-nous quel sera le terme de leurs exactions, car le prix des marchandises augmente d’une manière effrayante, du matin au soir. Citoyens représentants, il est temps que le combat à mort que l’égoïste livre à la classe la plus laborieuse de la société finisse. Prononcez contre les agioteurs et les accapareurs. Ou ils obéiront à vos décrets ou ils n’y obéiront pas. Dans la première hypothèse, vous aurez sauvé la patrie ; dans le second cas, vous aurez encore sauvé la patrie, car nous serons à portée de connaître et de frapper les sangsues du peuple.

Eh quoi ! Les propriétés des fripons seraient-elles quelque chose de plus sacré que la vie de l’homme ? La force armée est à la disposition des corps administratifs, comment les subsistances ne seraient-elles pas à leur réquisition ? Le législateur a le droit de déclarer la guerre, c’est-à-dire de faire massacrer les hommes, comment n’aurait-il pas le droit d’empêcher qu’on pressure et qu’on affame ceux qui gardent leurs foyers ?

La liberté du commerce est le droit d’user et de faire user, et non le droit de tyranniser et d’empêcher d’user. Les denrées nécessaires à tous doivent être livrées au prix auquel tous puissent atteindre, prononcez donc, encore une fois… les sans culottes avec leurs piques feront exécuter vos décrets.

Jusques à présent, les gros marchands qui sont par principe les fauteurs du crime, et par habitude les complices des rois, ont abusé de la liberté du commerce pour opprimer le peuple ; ils ont faussement interprété cet article de la déclaration des droits de l’homme qui établit qu’il est permis de faire tout ce qui n’est pas défendu par la loi. Eh bien ! Décrétez constitutionnellement que l’agiotage, la vente de l’argent-monnaie, et les accaparements sont nuisibles à la société. Le peuple qui connaît ses véritables amis, le peuple qui souffre depuis si longtemps verra que vous vous apitoyez sur son sort, et que vous voulez sérieusement guérir ses maux ; quand on aura une loi claire et précise, dans l’acte constitutionnel, contre l’agiotage et les accaparements, il verra que la cause du pauvre vous tient plus à cœur que celle du riche ; il verra qu’il ne siège point parmi vous des banquiers, des armateurs, et des monopoleurs ; il verra enfin que vous ne voulez pas la contre-révolution.

Mais les assignats perdent beaucoup dans le commerce… Pourquoi donc les banquiers, les négociants et les contre-révolutionnaires du dedans et du dehors en remplissent-ils leurs coffres ? Pourquoi ont-ils la cruauté de diminuer le salaire de certains ouvriers, et n’accordent-ils pas une indemnité aux autres ? Pourquoi n’offrent-ils pas l’escompte, lorsqu’ils acquièrent les domaines nationaux ? L’Angleterre, dont la dette excède peut-être vingt fois la valeur de son territoire et qui n’est florissante que par le papier de sa banque, paie-telle à proportion les denrées aussi chères que nous les payons ? Ah ! Le ministre Pitt est trop adroit pour laisser accabler ainsi les sujets de Georges ! Et vous, citoyens représentants, vous, les députés de la Montagne, vous qui vous faites gloire d’être du nombre des sans-culottes, du haut de votre immortel rocher, vous n’anéantirez pas l’hydre sans cesse renaissante de l’agiotage !

Mais ajoute-ton, on tire de l’étranger bien des articles, et il ne veut en paiement que de l’argent. Cela est faux ; le commerce s’est presque toujours fait par l’échange de marchandise contre marchandise, et du papier contre papier ; souvent même on a préféré des effets au numéraire. Les espèces métalliques qui circulent en Europe ne suffiraient pas, pour acquitter la cent-millième partie des billets qui sont en émission. Ainsi, il est clair comme le jour, que les agioteurs et les banquiers ne discréditent les assignats que pour vendre plus cher leur argent, pour trouver occasion de faire impunément le monopole et de trafiquer dan le comptoir du sang des patriotes, qu’ils brûlent de verser.

Ainsi, mandataires du peuple, l’insouciance que vous montreriez plus longtemps serait un acte de lâcheté, un crime de lèse-nation. Il ne faut pas craindre d’encourir la haine des riches, c’est-à-dire des méchants. Il ne faut pas craindre de sacrifier les principes politiques au salut du peuple, qui est la suprême loi.

N’est-ce donc pas assez que vos prédécesseurs, pour la plupart d’infâme mémoire, nous aient légué la monarchie, l’agiotage et la guerre, sans que vous nous léguiez la nudité, la famine et le désespoir ? Faut-il que les royalistes et les modérés, sous prétexte de la liberté du commerce, dévorent encore les manufactures, les propriétés ? Qu’ils s’emparent du blé des champs, des forêts et des vignes, de la peau même des animaux et qu’ils boivent encore dans des coupes dorées le sans et les larmes de citoyens, sous la protection de la loi ?                                                                                         Pour les amateurs de manifeste, ces quelques extraits proviennent de l’un d’entre eux. Vous l’avez deviné, il ne s’agit pas du petit dernier celui de la classe. Celui-ci a été écrit juste avant la signature de la constitution française, soit le 25 juin 1793. Et ironiquement l’auteur principal était surnommé affectueusement par le peuple « LE CURÉ ROUGE».

Dans le contexte actuel, avec la preuve faite que cette ploutocratie n’a pas l’intention de défendre les intérêts du peuple, je propose tout simplement le retour du roi. Ils ont eu la chance de nous prouver leurs bonnes intentions (300 ans), mais le fait de les laissés à eux-mêmes est pire qu’au temps où ils devaient rendre compte au roi. Donc instaurons une assemblée constituante du peuple (3) en guise de royauté, afin qu’ils justifient leurs décisions au peuple pour avoir la sanction royale. Pour nos amis Français, proposés donc ce manifeste des enragés, la gauche de l’époque à M. Hollande. Cela manque peut-être à sa culture gauchiste. J’élaborerai dans un prochain texte, ma version remodelage du casse-tête. Bonne journée !

 

(1) LES RAISONS DES NAUFRAGES | CentPapiers

 

(2) NEA1789-1794 [Document] Le manifeste des enragés, Jacques Roux

 

(3) Coalition pour la Constituante (SansParti). Parti politique

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