Alors que les représentants des pays du monde sont en train de discuter à Doha du traité qui devrait succéder à Kyoto,- qui s’achève fin 2012-, pour que nous arrivions à maîtriser émissions de gaz à effet de serre et réchauffement climatique,on s’aperçoit que le mix des énergies dans le monde a beaucoup évolué depuis les discussions qui avaient conduit au traité de Kyoto et malheureusement pas dans le bon sens.

Le nucléaire, qui était l’énergie de masse sans production de CO2 dont nous avions besoin pour répondre à notre défi, a énormement souffert de la catastrophe de Fukushima. Certains pays l’ont abandonné plus ou moins définitivement dont l’Allemagne, l’Italie, le Québec et la Suisse, d’autres, le Japon, l’ont de facto oublié pour un moment le temps que leur peuple se remette du traumatisme qu’il vient de subir, d’autres se remettent à y penser après en avoir repoussé l’utilisation pendant deux ans et quelques autres, Grande Bretagne, France,Finlande etc continuent leur programmes dans des versions sécurisées mais plus couteuses. Il reviendra sans doute mais dans une forme atténuée. En attendant on continue à émettre du CO2 à tout va…

On ne peut pas dire que les efforts d’économie d’énergie, qui étaient une des pistes le plus susceptible de contribuer à la maîtrise de nos émissions, aient été particulièrement poussées par les gouvernements ni particulièrement accueillies avec enthousiasme par les consommateurs. Nous aimons bien l’écologie mais à conditions qu’elle ne devienne pas une contrainte majeure et couteuse. Les pays émergents dont le fort développement économique se traduit par des besoins énergétiques en forte progression, nous ont fait savoir une fois pour toutes que nous, pays développés,avions eu la possibilité pendant les deux derniers siècles d’émettre à tout va sans contrainte sur l’aile de notre développement et que, eux, ne pensaient pas brider le leur pour le bien de la planète tant qu’ils ne nous avaient pas rattrapés dans leur niveau de développement.

Les énergies renouvelables, comme c’était prévisible, ont démontré qu’elles n’étaient pas malheureusement pas des énergies de masse du fait de leur caractère intermittent et de leur coût prohibitif par rapport à celles qui,elles,fournissent à temps plein. Ca marche mais ca ne suffira pas à fournir les besoins énergétiques de l’humanité, surtout que celle-çi a tendance à ne pas arrêter de croître et multiplier. 

Enfin en terme de mix énergétique, l’énergie produite par le nucléaire en particulier au Japon et en Allemagne, s’est vu substitué essentiellement par le gaz, dont la disponibilité n’est pas un problème, mais qui émet, lui, du CO2 et donc contribue au réchauffement climatique. Pour le reste c’est malheureusement le charbon qui prend la relève en particulier en Chine ou en Inde où il existe en abondance et bénéficie d’un prix très bas. La Chine, déjà riche par elle même de milliers de petite mines, s’approvisionne aussi à partir de la Mongolie intérieure, qui en est très riche également, au point que la noria de camions qui approvisionne la Chine a provoqué un embouteillage monstre de plus de 120 km. Quand à l’Inde, sa production électrique provient à 55 pct du charbon et comme son économie se développe, hé bien, elle en importe de plus en plus ! Même l’Europe chez laquelle le gaz naturel coute cher, se tourne vers le charbon, en particulier américain. Les Etats Unis dont vous savez qu’ils bénificient d’un gaz très bon marché, ont eux plutot tendance à le substituer au charbon, se révélant en l’occurrence plus écologique que nous

Rappelons que le charbon, outre les émissions de CO2 qu’il produit mais comme les autres combustibles est malheureusement aussi un polluant sévère qui émet des oxydes de soufre et dont l’utilisation se traduit par des pluies acides destructrices des forêts.

Doha dont on n’attendait pas grand chose, s’est terminé par un coup de force de son coordinateur, un ministre du gouvernement qatari, qui a entériné un Kyoto II qui enregistre les efforts annoncés par certains pays industrialisés( ceux de l’Union Eurpéenne mais pas les Etats Unis ni le Canada) et l’absence d’effort au contraire des pays émergents !!, C’est la compréhension de la démocratie qu’en ont certains pays ! Les protestations ont été émises immédiatement par ceux qui croyaient que nous étions dans le cadre des négociations sans fin habituelles.Elles n’auront aucun effet. 

A quoi donc avons nous consentis ? A ce que nous avions envie de prendre comme engagement en fin de compte, ce qui n’est pas si mal que celà, mais sans aucune contrepartie de qui que ce soit d’autres sur la planète. C’est dire que la température va continuer à monter et que ces efforts seront vains.

Source image : http://www.jeanlucbennahmias.eu

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